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Trail

La saintétic

A lʼaube de mes 42 ans , me vient une envie de me mettre sérieusement à la course à pieds. Jusque là, je me contentais dʼun petit footing selon des conditions météorologiques, de préférence clémentes. Mon expérience en trail consistait à accompagner et soutenir mon mari Alain sur ses compétitions et notamment la diagonale des fous. 

A chaque fois, notre fille et moi, on se disait mais dans quelle galère nous entraîne tʼil, encore ? Cependant, à travers ma pratique du yoga, je rencontre des élèves qui me demandent des postures favorisant les étirements spécifiques au running . 

Je pense notamment à mon élève Maryse (semi marathon de Belfort) qui dans les moments de difficultés, puisait ses ressources dans le yoga pour tenir mentalement. Un autre élève Jacques mʼexprimait sa gratitude car en pleine phase de douleur sur le marathon de Hongrie, il sʼest souvenu quʼil devait se mettre à lʼécoute de son corps. Cʼest aussi dans leurs témoignages que je trouve une motivation car jʼai besoin de comprendre ce quʼ ils vivent afin de mieux les accompagner dans leurs pratiques du yoga. 

Et cʼest ainsi quʼen octobre 2017, Alain et moi avons participé au montbotrail, pas de chrono, cela me semble parfait pour débuter. 

Quelques entraînements en pleine nature et mes articulations mʼont vite fait comprendre que cʼétait trop brusque. Un épanchement de synovie du genou droit mʼa amené à réduire les entraînements . 

Sans conviction, Jʼai parcouru les 9 km sur lesquels je mʼétais engagée. Par la suite , sur un coup de tête, nous nous sommes inscrits pour la saintélyon.

Alain fera la saintélyon soit 72 km et moi la saintétic 12 km. Mon entraînement a été chaotique entre consultation médicale et irm du genou qui révèlent une chondropatie. Je ne suis pas certaine de pouvoir y arriver. 

J-1 : Alain me récupère à midi dès la sortie du travail et nous voici en partance vers Lyon. 

Après avoir posé nos affaires à lʼhôtel kyriad sis la Croix rousse, nous nous rendons, en métro, à la halle Tony Garnier pour le retrait de nos dossards. Jʼai le numéro 18659, nous faisons le tour des stands sportifs, bienvenue dans le business trail ... 

Cʼest le jour J... je suis en mode stress, preuve en est, durant mon sommeil, je me suis rendue compte que jʼavais oublié de prendre ma petite veste coupe- vent ! Vu la neigeuse météo et les températures négatives annoncées , pas le choix direction Intersport pour combler cet oubli ! 

Lʼautre point qui amplifie mon stress est lʼabsence de Alain à mon départ et à mon arrivée. 

Après une après midi repos dans la chambre dʼhôtel, nous nous apprêtons pour le grand soir ! Pas de smoking ni de robe de cocktail mais un legging et chaussures de trail ... 

Ça y est nous voici dans les tribunes de la halle Tony Garnier , Alain patiente à mes côtés jusquʼà 19 heures, le temps pour moi de prendre en considération ses précieux conseils de traileur expérimenté. Ma principale crainte réside dans mon genou droit. Dʼune autre oreille, je prête une attention aux conférences en cours sur le monde du trail, la diététique , la récupération, la cryothérapie; cʼest vraiment très sérieux tout cela !

Mais je préfère écouter ma petite voix intérieure qui me préconise de garder le côté plaisir et tenter de comprendre ce dépassement de Soi commun à tous les coureurs ! 

Après le départ d’Alain, je décide de faire une petite méditation dans cette salle bruyante. Je visualise le tracé de la saintétic tel qu’il est détaillé dans le programme. J’imagine les aqueducs de Bonant et les dénivelés. Je prépare mentalement mon souffle à affronter les côtes. 

Puis vient le moment d’emprunter le bus navette pour me rendre sur le site de Chaponost: point de départ de la Saintétic. 

L’ambiance est pesante, après 45 minutes de trajet, j’arrive dans un gymnase où est prévu un ravitaillement. Une petite pause pipi avant de me faire servir une boisson chaude. 

Puis je décide de m’échauffer une quinzaine de minutes avant le top départ qui a lieu sur la place de l’église. 

L’instant est à une minute de silence en hommage à un bénévole décédé de la maladie de charcot. 

Son rôle était de toute importance puisqu’il a tracé le parcours 2018 de la saintélyon. 

Une de mes anciennes élèves de yoga souffre de cette maladie qui provoque une importante dégénérescence des muscles jusqu’ à atteindre la paralysie. Quelle ironie du sort pour ce bénévole impliqué dans une telle épreuve sportive ! 

Puis l’ambiance se réchauffe sur une musique entraînante, je fais attention de ne pas me laisser emporter par la liesse. 

Je veille à ne pas partir ni trop vite, ni trop lentement. Après une route bitumée, se présente un chemin caillouteux dans un parc. J’ai chaud et tout en courant, je décide de retirer ma veste. 

Oups, j’ai oublié que je portais un dossard et je perds quelques minutes à revenir sur mes pas pour le ramasser. 

Je profite des ralentissements dû à l’étroitesse des sentiers pour récupérer et m’hydrater. Je me fais doubler et j’essaie de ne pas perdre trop de temps. 

Une bise glaciale m’incite à courir pour ne pas prendre froid. 

Après les aqueducs de Bonant, se présente une montée de "ouf "! une côte à en couper le souffle et à scier les jambes, qu’il est difficile de garder son élan mais je tiens bon !

Une pancarte annonce les trois derniers kilomètres, je m’en réjouis, j’essaie de visualiser un parcours qui hélas me déçoit. Je n’ai plus de "jus" dans les jambes. Ces derniers kilomètres me semblent interminables ! 

Me voici sur le pont Raymond Barre , je le maudis, j’ai un coup de barre et j’en ai marre !

Je veux en finir, je rouspète à haute voix, d’autres joggeuses me dépassent tout en me criant de ne pas lâcher , de venir avec elles, qu’on est au bout de l’arrivée ! 

Leurs encouragements font du bien à mon mental, je comprends alors que je suis en train d’expérimenter le fameux dépassement de Soi !

O1 heure 49, plus tard et au-delà de mes limites, je franchis la ligne d’arrivée sous les flash éblouissants des photographes professionnels. 

Je suis comme une Star , LOL…

Je ne réalise pas mon "exploit",  Alain n’est physiquement pas présent pour m’accueillir mais il est dans mon coeur et nos pensées sont unies.

Après un rapide ravito et la récupération de quelques lots, je décide de rentrer à l’hôtel, enfin un bon lit… 

Mais j’ai froid et mon corps est incommodé par le confort du lit. Quelle étrange sensation !

Je me connecte sur le site de la Saintélyon afin de suivre l’évolution d’Alain. 

Après une fin de nuit chaotique, je reprends la direction la halle Tony Garnier où chaque participant de la Saintélyon est accueilli : 

Tel un Héros!